Sexualité et handicap

samedi 13 septembre 2014
par  A.GRANGEON
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Le champ de la sexualité des personnes handicapées mentales couvre les problèmes de la maltraitance et celui de l’éducation. Les maltraitances sexuelles intra et extra familiales laissent durablement des séquelles et des souffrances. On sait aujourd’hui qu’un enfant sur dix a été, est ou sera victime avant l’âge de quinze ans. Mais ces maltraitances sont de plus en plus connues et repérées. Malgré cela, ces situations laissent encore souvent lesdifférents professionnels des champs social, éducatif, judiciaire, médical et psychologique démunis avec des sentiments d’impuissance, ou une insatisfaction quant au traitement réservé à ces situations. L’association a pour but de mettre en place les procédures nécessaires à la publication de ces actes de maltraitances (voir .....) ainsi que de demander aux directeurs des établissements d’intégrer dans leur projet d’établissement des soutiens psychologiques pour les victimes des actes de maltraitance sexuelles intra ou extra familiales.

Mais l’objectif principal de l’action associative est celui de l’éducation. Tout comme les personnes non handicapées, les personnes handicapées mentales ont droit à une sexualité qui leur est propre. Les personnes mentalement handicapées ont des besoins sexuels tout comme les personnes non handicapées. Répondre à ces besoins en fonction de ses possibilités et de ses capacités propres est un droit
fondamental de l’être humain. Plus encore que les personnes non handicapées, les adolescents, jeunes adultes et adultes avec un handicap mental ont besoins d’aide, d’informations, d’explications et d’éducation sexuelle pour permettre le développement et l’épanouissement de leur sexualité. Et ceci non pas parce que leur sexualité est différente de celles des personnes non handicapées. Il n’existe en effet pas de sexualité spécifique aux personnes handicapées mentales. Mais leur sexualité est rendue plus difficile en raison de circonstances aggravantes qui ne
sont pas à rechercher dans le handicap mental en premier lieu, mais dans les situations multiples de dépendances dans lesquelles vivent les personnes handicapées mentales. Ces personnes handicapées dépendent de la conception de leur entourage (parents, institutions, éducateurs) quant aux normes et aux valeurs.

Sous l’effet des associations, la loi a subi une modification importante : loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale et la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, laquelle égalité impose de reconnaitre l’usager comme un sujet de droit. Ces deux textes rénovateurs contribuent à une évolution sociétale conséquente. La personne en situation de handicap devient un véritable acteur social et de ce fait, ses relations avec l’institution et avec les
professionnels s’en trouvent modifiées.

Ainsi l’institution doit se soucier maintenant de plus en plus fréquemment du bien être psychologique et social des personnes accueillies afin de transformer la volonté du législateur, inscrite dans les lois sur la compensation du handicap, en une réalité quotidienne qui permette à l’usager, placé au centre du dispositif, de vivre sa dimension affective librement. Parallèlement, l’institution doit aussi faire face aux exigences des personnes en situation de handicap qui, assistées hier, sont aujourd’hui titulaires de droits civiques, qui ne valent que si chacun peut en jouir :
droit à une vie familiale, affective et sexuelle, droit à l’éducation et à la formation, droit à une vie professionnelle, droit à la citoyenneté, droit à la culture, aux loisirs et aux sports...

Aujourd’hui, familles et institutions semblent s’entendre sur la reconnaissance d’un droit à la sexualité pour les handicapés mentaux.

Le terme de sexualité sera synonyme pour nous de vie affective et sexuelle et ne sera par ailleurs pas réduit à ce que nous pourrions appeler l’instinct à ou la génitalité, mais sera étroitement lié à l’intimité, à l’affectivité et au développement de la personne : « la sexualité se compose globalement de l’identité sexuelle, des rôles que l’on adopte, de l’expression de soi à travers la tendresse, le plaisir, l’amitié, l’amour, l’érotisme, la sensualité, les stéréotypes culturels que l’on admet parce qu’ils font notre affaire ou que l’on condamne parce qu’ils ne le font pas.
Au même titre que le bien-être physique, mental et émotionnel, la sexualité fait partie intégrante de la santé et de la qualité de vie. » La sexualité joue un rôle primordial dans le développement de la personne. Elle est une dimension de la vie sociale, placée au centre de la relation à l’autre et une des clefs de la vie relationnelle épanouie.

La sexualité devra passer par la reconnaissance (ou connaissance) du corps physique, avec son côté fonctionnel, son dedans et son dehors, ses organes, ses os et ses muscles, sa physiologie, sa sensorialité, sa motricité. Du corps physique qui est aussi avec ses différences et ses transformations. Et pourquoi pas, apprivoiser son corps.Mais aussi du corps psychique avec les aspects émotionnels, les émotions.
Et du corps social avec les aspects relationnels (sensualité, sentimentalité sexualité, procréation, etc.) ce qui suppose d’apprendre ou d’intuiter les notions d’hétérosexualité, d’homosexualité mais aussi le désir d’enfant, la
procréation, parentalité, la conjugalité.

Les établissements devront mettre en place des ateliers (espaces de paroles, d’expression corporelle....) pour qu’enfants et adultes puissent trouver dans ces ateliers la possibilité d’acquérir la dimension sexuelle nécessaire à l’accomplissement de leur personnalité.


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